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Par Florentin LE PROVOST.

Mick Hernandez nous avait envoyé un mail pour nous proposer un petit WE de courses en juin dans le Verdon. Il avait trouvé le logement, le format du 60 km et 4400 m de d+ me tentait bien, l’idée de pouvoir prolonger le dimanche au lac aussi. Bref on a signé. Finalement, après une entorse, une côte cassée et un déménagement, ce fut la course pour redémarrer la saison estivale.
Tout le monde avait l’air bien chaud, et c’est avec la team « Peyrinade » au grand complet que nous nous sommes retrouvés à 3 du TTT aux Salles sur Verdon, plus Isa de l’ALE. Arrivés à 23h30, (merci Kath pour la fin de la route, ce qui m’a permis de gagner au moins une bonne heure et demie de sommeil), Mick H. me donne mon dossard, il a bien les boules de ne pas partir avec moi sur le 60, sa périostite l’a relancé 3 jours avant la course et son footing test de 15 minutes du jour ne l’a pas convaincu… Une douche vite fait, je prépare les affaires, et je mets le réveil à 4h45. Je ne fais pas le calcul du nombre d’heures de sommeil pour ne pas me démoraliser.
Dring… Je me lève sans faire de bruit, pour ne pas déranger, j’avale l’energy cake et c’est parti pour Aiguines. Tout Tout Tout seul… Pas de copains au départ, juste Laureline Gaussens (qui gagnera) que je connais de vue, et Ludo, le speaker avec qui on fait quelques photos. PAN c’est parti, mais ça ne va pas très vite, alors je pars Tout Tout Tout seul devant. Très Très Très vite diront certains mais comme les jambes répondent et que c’est moins raide que la verticale du Grand Serre, je cours. Au bout de 2 minutes, je n’entends plus personne. La tactique « Tout le Temps en Tête » va peut être marcher… C’est technique mais super joli. C’est super bien balisé (une rubalise tous les 20 m au moins ! Un truc de fou!) La corniche sublime qui domine les gorges du Verdon porte bien son nom, mais il faut rester concentré sur le sentier Très Très Technique. Il fait encore frais, j’en profite pour avaler les kilomètres. On passe en bordure d’un terrain militaire, ça gronde, et ça ne donne pas envie de rester là. J’attaque la première descente, Toujours Tout Tout seul. Il y a un long sentier en balcon maintenant. Je continue et au 15ème km je me fais rejoindre par Nicolas Marty. On discute un peu, je le laisse passer devant. Ça me repose un peu d’avoir un lièvre à suivre. « Tiens il y a un arbre sur le sentier. Pousse-toi l’arbre! » Et ben non, il ne m’a pas entendu et ça me fera un bel hématome souvenir sur l’épaule gauche. On reste 10 minutes avec Nicolas, avant d’attaque un petit col où je repasse devant. Il a dû faire un gros effort pour me rejoindre. Descente au 1er ravito du km 20, j’ai 5 minutes d’avance (mais je ne le sais pas). Je fais le plein et c’est reparti. 2ème grosse côte. Il y a une source. Je fais mes ablutions et recharge le camel même si je n’ai pas beaucoup bu. Les portions entre ravitos sont longues et ma hantise est d’être à sec. Je n’arrive plus à courir. Que se passe-t-il ? Je regarde l’alti qui oscille entre 18 et 20m/min. Ah ben c’est pour ça que je ne cours pas… C’est quand même raide. Je commence à rattraper des concurrents du 110km. C’est sympa de voir un peu de monde et d’échanger quelques mots à chaque fois. Je suis toujours un peu à l’abri dans les arbres, et derrière je ne sais pas si ça suit ou pas. Aucune info. Je continue à mon rythme, sans rien lâcher. S’en suit alors une Très Très Très longue portion de petites bosses jusqu’au chalet de la Maline. Je ne vois quasiment personne. Un grand moment de solitude. Je peux alors entamer un long travail de réflexologie et de méditation : « p…… c’est encore long ? » Il commence à faire Très Très Très chaud dans les portions ensoleillées. Un petit ruisseau pour se rafraîchir au km 30, ça fait du bien. J’arrive à la Maline, au 2ème ravito, je me refais une santé et c’est parti. Plus que 20 km et 1300 m de d+ (sans eau sur cette portion), et je ne sais pas où ils en sont derrière (j’ai alors 13 minutes d’avance). Je traverse le Verdon sur une jolie passerelle, et j’attaque la montée. C’est des grosses marches et il faut mettre souvent les mains. Je suis à 1000 m/h, les sensations sont bonnes. Au bout de 300 m de d+, il fait Trop Trop Trop chaud. L’eau et les gels commencent à ne plus passer. J’attaque une longue piste 4×4 interminable. Il y a des ornières remplies d’eau… Je mouille la visière dans la première… et sans hésiter je m’allonge dans la deuxième. Ça fait vraiment du bien et je sais que c’est la dernière fois que je peux le faire avant l’arrivée. J’attaque la montée sur la corniche sublime (que j’apprécie alors beaucoup moins qu’à l’aller). La chaleur me mets des gros coups derrière la nuque. J’avance comme je peux, essayant de me dire « plus qu’une heure et demi , plus qu’une heure … sinon si tu t’arrêtes ça va être encore plus long ». Je passe le sommet. Ouf, je n’ai pas été encore rejoint. Je m’attendais à voir surgir le 2ème à tout moment. Je bascule, reste 5-6 km et 600 m de d-. Je suis brassé, j’attaque la descente et au bout d’une minute je vomis Toutes Toutes mes Tripes. Je m’arrête 30 secondes, la tête s’arrête de tourner et d’un coup je me sens mieux. Je vais pouvoir finir en « roue libre ». C’est reparti. À 3-4 km de l’arrivée, j’entends des pierres voler. C’est Nicolas qui revient. J’essaye de m’accrocher mais il descend Très Très Très fort et je ne peux pas accélérer. Je le laisse filer et je termine. A 100 m de l’arrivée, Isa me dit que Kath a gagné le 10 km dans un temps canon, que Mick a fait 3ème et qu’ils arrivent. Je passe la ligne et je m’écroule. 2ème en 8h24. J’ai les lèvres et les mains qui tremblent. Je demande un coca, une orange et qu’on me vide de l’eau sur le dos. On m’emmène dans la tente des secouristes.

7-4 de tension c’est pas beaucoup, je ne sais plus trop où j’habite. Kath est arrivée, un petit bisou et ça va mieux, mais c’est 2 heures plus tard que je commencerai vraiment à émerger. Petit podium, et on retourne au STUDI HOTEL (à recommander !) avec Will, le patron super sympa, pour la séance photos de la chambre 17. Triplé TTT, du 100% podium, c’était le bon numéro !

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10 thoughts on “Petit week-end TTT dans le Verdon

      1. Je me vois dans l’obligation de répondre à mon tour par un dicton très connu en Autriche : Trankuflitch Trouce Tinputche , bien entendu chacun aura compris , il est donc inutile que je traduise…….mais pour les 2-3 qui maîtrise pas trop ,ça veut dire : cours bien et vite tu gagneras de belles cruches en porcelaine…

    1. je me suis plutôt demandé pourquoi le sentier ne passait pas au bord de l’eau pour qu’on se rafraichisse et pourquoi on ne faisait pas plutôt du canoë

  1. juste enorme !!!!!!!!! bravo !!!!!! le plus beau trail de france le verdon !!!!!!! le parcours a change mais pas les difficultes en lire ton cr !!!!! a noter 7h30 pour moi l annee derniere et toi tu mets 1 h de plus avec 10km de plus enorme

  2. bravo a vous trois et flo comment elle était l’infirmiere!! 😉 Comme par hasard tu t’ecroule apres l’arrivee (lol) magnifique trail!!

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